– les 4B et 4D participent au concours académique d’écriture « Correspondances ».

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Nous avons travaillé  sur la nature morte  de Frans Snyders Intérieur d’office ( 1635) (cette oeuvre a été observée et analysée  au Musée des Beaux – Arts le 7 décembre). Les élèves  des deux classes ont écrit une chanson dans laquelle  ils ont donné la parole aux animaux représentés sur le tableau ( à la manière de Francis Cabrel dans la Corrida). Puis nous avons  passé du temps sur  la lecture expressive slamée,  et  mise en voix   avec rythme et intentions. Monsieur Hamel a orchestré la mise en voix sur musique et  a enregistré nos élèves. Le résultat est de qualité, les efforts des élèves de lecture sont bien mis en valeur et on entend qu’ils y ont mis du coeur.

Professeurs :  Madame Beauvalet, Madame Mimoso, Madame Bennett et  M.Hamel.

 

 

Classes de 4B et 4D  Collège Dunois CAEN

Professeurs : Catherine Beauvalet (Lettres),  Catherine Bennett (Lettres)

Jean-François Hamel  (Education musicale)

Œuvre choisie :

FRANS SNYDERS

Intérieur d’office ou Nature morte de gibier, de volaille et de fruits    (vers 1635)

 Version audio du travail des élèves

A l’office

Le cygne                                                                                          

Je me souviens de l’eau douce,

Qui me caressait quand je nageais

En profitant du soleil chaud et des pousses

Sur mes plumes toutes mouillées,

Mais tout cela c’est du passé,

Je sens la mort arriver,

Me voilà  déplumé, mariné,

Flanqué près du paon écorché.

 

Je me souviens du lac gelé,

Du coucher du soleil et de la liberté qui me caressait

Ils m’ont pisté, ils m’ont attrapé

J’ai senti la flèche me traverser

Et maintenant je suis là comme un crucifié

Les ailes déployées

Ils vont se régaler, ils n’ont pas tort

Car ma chair est d’or.

Est-ce bien la réalité ?

Le chien

Avec ma meute, je suis un fin limier,

Dirigé par les veneurs dans la forêt

Je sens l’odeur des fruits et de la chair ensanglantée

Je me lèche les babines retroussées,

C’est triste que l’homme ait changé

Juste pour manger

On m’avait  bien dit  que l’homme était mon meilleur ami

Mais il a tué mais je suis encore en vie.

Est-ce bien la réalité ?

Le homard

Je me rappelle l’odeur salée des fonds marins

Quand je sentais le courant

M’entraîner vers le fond de l’océan

Tous ces gens qui me veulent

Mais je ne suis pas le seul

Je n’étais pas prêt à être mélangée à ces carcasses

Tout cela m’agace

Finir sur cette assiette

Et qu’il ne reste de moi aucune miette.

Est-ce bien la réalité ?

Le paon

Je me souviens … Les gens m’adoraient,

J’étais libre de faire ce que je souhaitais,

On m’applaudissait toute la journée,

Et quand venait l’amour, je déployais  mes plumes dans un sourire

Pour  la faire rougir…

Moi qui suis pourtant  le préféré de la divine Junon,

Je n’ai pas été épargné  mais sacrifié,

Fricassé comme un vulgaire  dindon.

Est-ce bien la réalité ?

 Le chat

Je suis enfermé dans l’office.

Pour moi, c’est un supplice.

Je vois bientôt  tous ces bons plats

Qui vont venir à moi

Pour me remplir la panse

On ne sait pas ce que j’en pense,

Je vais déguster tout ça, sans faux pas.

Bon appétit Mistigri, chanceux petit chat !

Est-ce bien la réalité ?

Le sanglier

Je me souviens quand ils m’ont repéré,

J’ai couru pour leur échapper,

J’ai trébuché et me suis relevé,

J’ai entendu le souffle des chiens qui s’approchaient

J’ai vu  ma vie défiler, et leurs armes  dans la lumière

Affolé, dans la forêt j’ai vécu l’enfer …

Ligoté, décapité, ma hure sur un plat d’argent

Me voilà embroché  et bientôt servi à un festin de géants.

Est- ce bien la réalité ?

Le chevreuil

Je me souviens des claquements de fusils, de l’air  qui glissait sur mon pelage.

Comment peut-on mourir à mon âge ?

Les chiens m’ont saisi à la gorge au son des cors.

Je souffre, j’ai mal, je me retrouve pendu à un cintre, frôlant la mort

Eventré, de mon museau  ensanglanté

Je sens des parfums écœurants  de fruits, de légumes et de gibiers

Affolé, coincé dans cet enfer,  j’attends le prince grassouillet

Qui viendra  me déguster et fera de ma tête un trophée.

Est-ce bien la réalité ?

Les ortolans

Je me souviens  sur mon arbre perché

De mes frères avec qui je mangeais de petits vers

Je me souviens de la liberté en plein été,

C’était un rêve envolé …

On nous a attrapés, on nous a enfermés dans une  boîte carrée

On nous a engraissés. Impossible de  nous échapper.

Pourquoi tant de haine, nous sommes   de petits ortolans,

Nous serons dans l’assiette des grands.

Est-ce bien la réalité ?

Le perroquet

Depuis le temps que je patiente

Sur cette vieille branche,

Moi, perroquet aux couleurs ardentes

Qui répète des phrases abrutissantes /délirantes / époustouflantes / hésitantes /

Je me souviens de ces insectes qui pour moi étaient infects

Et me voilà nourri par ce valet

Devant mes amis morts et déplumés.

Comment voulez-vous qu’on vous respecte ?

Est-ce bien la réalité ?

Le valet

Je sers mon maître depuis très longtemps

Et j’aimerais  tant qu’il soit un peu  reconnaissant !

Je dois nourrir les perroquets, me tenir droit, et ne pas me laisser aller.

Je suis tenté par toutes ces chairs raffinées qui me passent sous le nez,

Par toutes ces odeurs  exquises qui me mettent en appétit,

Par ces paniers colorés,  ces gibiers  qui me sont interdits

Par le  claquement des couteaux  qui préparent

Salmis de héron, venaison de sanglier, échaudés et  chapon haché.

Est-ce bien la réalité ?

 

 Correspondances

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